La momie d’Aymara

Dans Les serpents du Museum, Juliette se retrouve face à face avec une momie… qui ne la laissles-serpents-du-museum-sophie-humanne pas indifférente.

Je me suis inspirée de la momie d’Aymara, conservée dans la collections du Museum, mais invisible pour le public. Les indiens aymaras vivaient principalement en Bolivie et au Pérou , près du lac Titicaca. Il avaient l’habitude de modifier la forme du crâne de certains de leurs congénères, pour une raison que les scientifiques ignorent encore.  Ils leur faisaient subir une pression à la fois circulaire et d’avant en arrière. Des momies à l’anatomie ainsi déformée ont été retrouvées dans certaines sépultures. Voici une illustration parue dans le  journal La nature au XIXe siècle:momie Aymara

Sur les traces de Paris pendant la Grande Guerre

Arc de Triomphe pendant la Grande Guerre

Depuis plusieurs années, l’historienne et conférencière Dorothée Hervin arpente les trottoirs parisiens genevièveaccompagnée de quelques fidèles et de curieux d’un jour. Elle mélange les anecdotes et l’érudition et c’est un vrai plaisir de marcher avec elle au gré des rues. Je l’ai suivie dans sa quête du Paris criminel.. Frissonnant! Elle vient de rajouter à son catalogue de promenades à thème, un parcours à travers les quartiers qui ont vu se dérouler les événements de la Grande Guerre, mais aussi dans des lieux plus modestes qui évoquent la vie quotidienne des femmes, et de tous ceux restés à l’arrière…

http://www.lesvisitesdetheo.com

Vigie Nature Ecole

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Votre classe peut se transformer en laboratoire de veille de la biodiversité grâce à ce programme du Museum National d’Histoire Naturelle. Observer les algues brunes, et les bigorneaux, compter les les-serpents-du-museum-sophie-humannescargots, surveiller la flore sauvage de votre ville, enregistrer les ultra-sons émis par les chauve-souris… Les enfants  peuvent désormais contribuer à l’avancée des connaissances et mener un véritable projet de recherche… Allez voir:

http://www.vigienature-ecole.fr

Sophie Humann

La ménagerie en Fête!

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Pour fêter les 220 ans de la Ménagerie, le Museum National d’Histoire Naturelle a rassemblé dans son  Cabinet d’Histoire des  livres, des vélins précieux, des objets, des bronzes, des gravures qui racontent le destin étonnant de ses plus célèbres animaux: Jocko le premier chimpanzé arrivé à Paris en 1740. Zarafa, la girafe, dont le nom signifie « gracieux » en arabe, et qui, en 1827, remonta à pied depuis Marseille, sous l’œil ahuri des badauds toujours plus nombreux. Woira, la lionne qui ne quittait plus son ami le chien, les cerfs du Père David, les faisans offerts à Alphonse Milne-Edwards…

Plus près de nous, voici Kiki, la tortue des Seychelles, morte en 2009 à… 146 ans.

Aujourd’hui, les grands animaux ont quitté la Ménagerie pour être hébergés dans des zoos où ils ont plus d’espace. Mais Périclès,  le copain de la tortue Kiki, est toujours là. Il n’a que 101 ans, pèse 170 kilos et se porte comme un charme, n’hésitant pas à lutiner ses congénères pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Nénette, l’orang-outan, tête d’affiche il y a quelques années d’un film de Nicolas Philibert, va sur ses quarante cinq années et ne songe pas encore au lifting.

Quant au Palais des Reptiles, allez y. Il n’a presque pas changé depuis son inauguration en 1874. J’ignore si Juliette aurait aimé se trouvé nez à nez avec cette couleuvre de l’amour….

Couleuvre de l'Amour.MNHM F.Grandin

Au fait: savez vous pourquoi tous les ours de la Ménagerie se sont longtemps appelés « Martin »? Leur nom venait des montagnards qui nommaient ainsi les plantigrades dont l’hibernation commençait autour de la Saint Martin, le 20 novembre!

Sophie Humann

Jusqu’au 5 janvier 2015. Cabinet d’Histoire du Jardin des Plantes, 57 rue Cuvier, Paris 5è.

Ménagerie: Tous les jours de 9H à 17H

http://www.mnhn.fr

Le châtelet, prison de Jean

 pilleurs d'églises

Du Grand Châtelet, lieu où on rendait la justice à l’époque de l’histoire d’Eloi et de Philibert, il ne reste plus rien. Cette sinistre forteresse fut détruite au début du XIXè siècle et, sur l’emplacement de l’ancienne prison, l’impératrice Eugénie, épouse de l’empereur Napoléon III a inauguré le 19 août 1862 le théâtre qui y figure encore aujourd’hui.

 

Voici deux illustrations (ci-dessus et en bas) qui te permettront d’imaginer le bâtiment tel que le voyaient Eloi et Philibert. Les murailles étaient larges de deux mètres, et les fondations du Châtelet descendaient jusqu’à dix-huit mètres sous le niveau de la Seine. Sur la tour de l’Ouest, un peu plus haute que l’autre, on voit un balcon. C’est là que se plaçaient le guetteur et le veilleur de nuit. Derrière les murailles extérieures, il y avait un donjon carré entouré d’une petite cour sombre et toujours humide où les prisonniers comme Jean se promenaient.  Les parisiens frissonaient en approchant du Châtelet, tant ils avaient peur de cette sinistre prison.

Dormez-vous?

A la tour Jean Sans Peur, qui donne un aperçu de l’habitat à Paris à l’époque du voyage de Martin, je vous signale une exposition qui peut intéresser vraiment les enfants. Son thème? Le lit au Moyen-Age. On apprend comment on y dormait, comment on y vivait, comment on y mourait, à quoi ressemblaient  les rêves et les cauchemars des dormeurs…  Un ébéniste a même reconstitué un lit médiéval et un parcours-jeu est proposé aux plus jeunes.

Tour Jean Sans Peur, 20, rue Etienne Marcel, 75002 Paris, Ouverture du mercredi au dimanche, de 13H30 à 18H.

Sauver la maison natale de Colette

Il y a deux ans déjà, j’avais écrit dans le Figaro magazine un article sur la maison natale de Colette à Saint-Sauveur en Puisaye, mise en vente à un prix déraisonnable et laissée pratiquement à l’abandon. Cette maison, dont Colette a tant parlé, a pourtant conservé tout son charme , son petit perron sur la rue, sa glycine, et la vue tranquille de ses fenêtres…

« Ma maison reste pour moi ce qu’elle fut toujours: une relique, un terrier, une citadelle, le musée de ma jeunesse… » écrivait l’auteur des Claudine et de l’Enfant et les Sortilèges.

Aujourd’hui, il ne faudrait pas grand chose pour lui redonner une âme, à cette maison…

Certains, dont le neveu de l’écrivain Foulques de Jouvenel,  se mobilisent pour la sauver de l’oubli. Ils viennent de créer un site où vous trouverez toutes les informations sur leur projet: www.maisondecolette.fr

Ravel dans son décor

Voici comment la violoniste Hélène Jourdan-Morhange décrit le décor dont s’entourait Maurice Ravel dans sa maison de Montfort-l’Amaury et dont on retrouve des éléments  dans l’Enfant et les Sortilèges:

Maison de Maurice Ravel

« Cette maison déconcerte un peu le visiteur: elle est vraiment cocasse, coupée en quart de brie sur la route, avec son petit belvédère de boîte à joujoux! Les pièces y sont peu spacieuses, et la chambre du maître donnant à même le jardin semble une sorte de cave étonnée d’être habillée de satin. L’intérieur de la maison témoignait de la hantise de Ravel pour l’Orient. Le salon n’était rempli que de bibelots japonais mais tout était faux! Potiches des grands magasins, fleurs en verre filé, tasses orientales de bazar. Un faux Renoir et un faux Monticelli paradaient dans la salle à manger. Il recherchait les bibelots 1880 dont la laideur finit par assurer leur succès! Ravel était resté un enfant. Sa chambre de travail le prouvait: on y trouvait des jouets mécaniques, des boîtes à musique, un petit voilier qu’une secrète manivelle faisait tanguer sur des vagues en carton, des Chinois en bois, idoles graves, tirant une langue démesurée, un rossignol, gros comme une noisette, battant des ailes (en vraies plumes), des boîtes en verre coloré, des boules presse-papier, aux fleurs emprisonnées dans le cristal. »

La maison de Maurice Ravel se visite, sur rendez-vous. On peut encore y voir sa collection de bibelots. Renseignements sur le site de la mairie de Montfort l’Amaury: www.ville-montfort-l-amaury.fr/La-maison-musee-de-Maurice-Ravel

Alexandre Yersin, disciple de Louis Pasteur

François Ailleret , qui a eu la courtoisie de préfacer mon livre sur  Louis Pasteur, m’a envoyé un article de la Revue d’Etudes Vietnamiennes écrit par le professeur Doàn Xuân Muou et consacré à Alexandre Yersin, l’un des premiers disciples de Louis Pasteur. Le récit de sa vie montre quel élan considérable Louis Pasteur a donné à la recherche et quelles vocations profondes ses travaux ont suscitées. En voici les grandes lignes:

Alexandre Yersin

Alexandre Yersin est un suisse né en 1863 dans le canton de Vaud. Ses ancêtres hugenots français s’étaient installés là après la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV. Après des études secondaires à Lausanne, Alexandre Yersin commence des études de médecine en Suisse, puis en Allemagne, et , enfin, à Paris. En 1886, il y rencontre Louis Pasteur qui supervise la vaccination contre la rage. Il obient une place dans le laboratoire de la rue d’Ulm et devient l’assisant d’Emile Roux, le plus proche collaborateur de Pasteur. A vingt cinq ans, il devient docteur en médecine et obtient la nationalité française qu’il a demandée. Il travaille sur l’étude de la toxine de la diphtérie. En 1888, l’Institut Pasteur est inauguré. Alexandre Yersin devrait tout naturellement y travailler, mais l’Orient le hante. Il passe des heures à étudier les cartes de Chine et d’Indochine et s’embarque pour l’Extrème-Orient au grand regret de ses amis et de ses professeurs.

Alors qu’il explore depuis deux ans les hauteurs de l’Annam pour le compte de l’administration française en Indochine, Alexandre Yersin apprend, en mai 1894 qu’une très forte épidémie de peste bubonique s’est déclarée à Hongkong. Il demande au gouvernement français l’autorisation d’aller y étudier la maladie. Lorsqu’il arrive à Hongkong, Yersin trouve une ville désertée de la moitié de ses habitants. le taux de mortalité des personnes contaminées par la peste dépasse 90%. Mais cela n’arrète pas le jeune chercheur. Il donne son temps nuits et jours: il autopsie les cadavres et analyse leurs bubons dans un laboratoire de fortune qu’il a installé dans une petite cabane à la périphérie de la ville. C’est là qu’il découvre le bacille de la peste bubonique, le 20 juin 1894.

Puis il retourne en France afin de mettre au point un sérum en se basant sur les méthodologies de Pasteur. Une fois son travail de recherches terminé, Alexandre Yersin  retourne en Indochine et installe un petit laboratoire à quelques kilomètres de la ville de Nha Trang, dans une région qui l’a séduit depuis son arrivée en Extrème-Orient, cinq ans plus tôt. André Calmette a déjà créé un laboratoire à Saïgon en 1890. Celui de Nha Trang sera le deuxième. Et c’est toujours là que se dresse aujourd’hui l’Institut Pasteur.

Yersin fait construire des écuries près du laboratoire pour élever des chevaux qui, immunisés, pourront servir à produire du sérum contre la peste. Mais, bien vite, il comprend qu’il va manquer de terres pour fournir le fourrage nécessaire à l’alimentation des chevaux. Un jour, en longeant une rivière à une dizaine de kilomètres des écuries, il voit un terrain en friche et le demande à l’administration: le haras expérimental de Suôi Dâu est bientôt inauguré.  Il fonctionne encore.

Grace aux sérums qu’Alexandre Yersin peut produire en grande quantité, des milliers de vies sont sauvés en Indochine, en Chine et en Inde. Le laboratoire  de Nha Trang devient vite célèbre également dans le traitement des maladies du bétail et il va former des vétérinaires du monde entier.

En 1902, Paul Doumer, le gouverneur général de l’Indochine appelle Alexandre Yersain à Hanoi. Sa mission: créer et diriger un école de médecine, une grande première en Indochine, où il n’existe encore aucun médecin formé aux méthodes de la médecine occidentale. Mais, en 1904, l’école de médecine fonctionnant bien, Alexandre Yersin retourne à son cher laboratoire de Nha Trang qu’il regroupe avec celui de Saigon pour former l’IPI, Institut Pasteur de l’Indochine, qu’il ne cesse de développer jusque dans les années 1920. A soixante ans, il décide d’en confier la direction et se consacre pendant vingt ans encore à la culture des plantes tropicales. Yersin introduit en Indochine le latex, le tabac, le kola, le café, le cacao, les cocotiers… Il sera le premier à acclimater les hévéas de Malaisie et de Ceylan au Vietnam.

Les dix dernières années de sa vie, Alexandre Yersin les passent à Nha Trang, parmi les habitants de la ville, parlant avec les enfants, aidant les personnes âges ou malades, conseillant les pêcheurs pour qu’ils apprenent à mieux prévoir les tempêtes…

Il meurt le 28 février 1943 et, comme il l’avait souhaité, il est enterré à Suôi Dâu, au calme.

Un drôle de début d’année..

Vous l’avez vu, dans son journal, Martin commence la nouvelle année à Pâques. C’est en effet  sous le roi Charles IX, au XVIè siècle que le début de la nouvelle année sera déplacé au premier janvier. Avant, on changeait dans la nuit qui conduisait du samedi saint à Pâques, entre une heure et deux heures du matin. D’ailleurs, si vous examinez les mois de septembre, octobre, novembre et décembre, vous y retrouver les racines des mots sept, huit, neuf et dix, parce que c’était leur place dans le calendrier lorsque la fête de Pâques se situait pendant le mois de mars.