Perdu dans la forêt vierge, texte d’Arthur

Perdu dans la forêt vierge

Par Arthur et ses grands-parents

 

 

« L’aventure périlleuse de Marius James »

JOUR 1

Assis nerveusement derrière le manche de son avion, Marius James est stressé. Les gouttes de transpiration lui brouillent le regard et le font cligner des yeux. Il parvient toutefois à jeter un rapide coup d’oeil vers le bas. Le colosse australien ne repère pas de maison, pas de route, pas le moindre signe de vie humaine… Du vert, rien que du vert à perte de vue ! L’expérimenté pilote ne voit que des arbres immenses et touffus. Les jauges de son Ecoflyer s’affolent, les diodes clignotent frénétiquement.   

Le cerveau de Marius tourne à pleine vitesse, son coeur bat à 10.000 pulsations par minute. L’espace d’un instant, il pense à s’éjecter, à abandonner “Volt”, ce fidèle coucou qui l’a loyalement transporté aux quatre coins du continent. Après un dernier soubresaut, le moteur cale, l’avion se met alors à planer et à se rapprocher dangereusement du sol. Marius se saisit alors de la radio, 

-SOS, demande d’autorisation d’atterrir ! SOS, demande autorisation d’atterrir ! lance Marius James, en espérant qu’une tour de contrôle lui réponde. 

-Ici, Ecoflyer “Volt”! Mon moteur a calé, SOS, SOS !, hurle l’aventurier dans son micro.

Puisant dans l’énergie du désespoir, Marius parvient à retrouver son sang-froid. L’Australien tourne la tête et là, à moins d’un km de la zone qu’il est en train de survoler, il aperçoit un endroit qui semble plus clairsemé. Oui, c’est ça, c’est bien une clairière ! Elle paraît suffisamment grande pour y poser son avion. Cinq minutes plus tard, après avoir lutté avec les vents contraires et les bourrasques, il réussit tant bien que mal à poser les petites roues de son Ecoflyer dans cette clairière et c’est avec un immense soulagement qu’il s’extrait du cockpit sain et sauf.   

JOUR 2

Assis sur un rocher recouvert de mousse, Marius ne peut pas s’empêcher d’être inquiet. Qui va bien pouvoir deviner où il s’est posé en catastrophe ? Quelqu’un trouvera-t-il la carlingue de son coucou ? Est-ce que son SOS a été entendu par une oreille bienveillante ? Toutes ces questions tournent en boucle dans sa tête. C’est évident, il ne va jamais réussir à s’en sortir. Mais, tout à coup, le visage de sa fille, Sofia, remonte dans ses pensées, celui de son épouse Marguerite, qu’il a rencontrée à l’université de Sydney, aussi. Le souvenir de ses parents vient également l’encourager. Tous le supplient de revenir : “Tu n’as jamais rien abandonné au cours de ton existence, ce n’est pas maintenant que ça va commencer”. Marius se ressaisit alors. Après tout, dans son malheur, la situation n’est pas si sombre, il y a une lumière d’espoir : il n’est pas blessé. Et, dans la soute de son avion, il a aussi pu récupérer une boussole, une lampe torche, un trousse de premiers secours, le couteau que lui avait donné un ami de Copiapo lors d’un périple au Chili, la photo de sa famille qui ne le quitte jamais et son briquet favori, souvenir d’un voyage mouvementé en Islande. Equipé, et bien équipé, Marius peut se mettre en chemin en longeant la rivière située quelques mètres en contrebas de son avion. Sur le chemin, alors qu’il crapahute nerveusement, un crocodile surgit de l’eau et manque de le croquer. 

Après plusieurs heures de marche, et alors que cette frayeur n’est plus qu’un mauvais souvenir, c’est un jaguar qui lui barre la route. Marius ne doit sa survie qu’au bruit émis par un buffle pris au piège dans un marécage quelques mètres plus loin. 

JOUR 3

En longeant le cours d’eau, Marius s’enfonce dangereusement dans la forêt. Elle est épaisse et avec ses arbres qui montent haut, la lumière a du mal à se frayer un chemin jusqu’à si bas… C’est dans cette pénombre angoissante qu’il progresse, tant bien que mal. Les yeux et les oreilles grands ouverts, l’aviateur échoué reste attentif au moindre bruit, à tous les sons que produisent les habitants de cette effrayante jungle. Derrière lui, un craquement de branche. Marius sursaute, son coeur bat la chamade. Il se retourne brusquement pour faire face au danger… Là, à cinq mètres de lui seulement, il perçoit un mouvement. Un frisson descend dans son dos. C’est une bête et elle se rapproche. D’un coup, surgit d’un buisson un singe écureuil pas plus haut que trois pommes. Craintive, la bestiole regarde ce grand animal étrange qui semble errer dans la forêt. Il tremble plus qu’elle… 

Marius, instinctivement, tend sa main et parvient à caresser la tête du petit animal au pelage jaune doré dont les yeux sont cerclés de blanc. Dans sa patte, le singe tient une grappe de bananes, qu’il offre à Marius. Le colosse australien, qui n’a plus rien avalé depuis deux jours, accepte ce cadeau. Lui qui était affamé savoure chaque bouchée de ce fruit excellent qui lui redonne de l’énergie.  

JOUR 4

Accompagné désormais par son nouveau petit compagnon qu’il a baptisé “Cookie”, Marius découvre, sous les feuilles tombées au sol, un étrange chemin qui semble n’avoir plus été emprunté depuis des années. Avec son couteau, il entreprend d’élaguer le passage. Tout à coup, alors qu’il s’attaque à une branche plus résistante que les autres, quelque chose en haut de l’arbre se met à bouger. Marius a juste le temps de faire un pas en arrière et voit un magnifique perroquet multicolore prendre son envol depuis la cîme de ce poivrier. C’est à ce moment que ses yeux repèrent à travers les feuilles ce qui semble être un mur. Gris, il est recouvert de mousse. Prudemment, Marius se fraye un chemin entre les branches et les buissons qui gênent sa progression. Ses chevilles sont retenues par les racines piquantes des arbustes, des toiles d’araignées s’accrochent à son visage. Après trois minutes de lutte intense avec la végétation, Marius finit par arriver au pied de ce qui se révèle bien être un mur. Cookie grimpe sans difficulté sur le dessus de l’enceinte et court vers la droite. Marius suit du regard l’agile animal qui s’arrête net après avoir parcouru quelques mètres. Sous l’endroit que signale Cookie en sautant et en piaillant se trouve une porte d’entrée. Il pénètre dans le temple. Éclairées par les rayons du soleil qui se frayent un chemin par une meurtrière, des statues de dieux Incas sont entreposées les unes à côtés des autres, parfaitement alignées. L’une d’elles représente Râ, le dieu du soleil. Dans un autre recoin sombre du temple, Marius frotte un mur plein de poussière. A la lumière de la flamme de son briquet, des inscriptions gravées dans la pierre se révèlent, au sol, un objet brillant attire son regard : une amulette. Elle est en or et sur une des faces, on distingue le profil d’un homme à tête de faucon coiffé du disque solaire. Marius James la glisse dans la poche latérale de son treillis. Plus qu’un souvenir, l’australien, pourtant pas du genre à jouer les superstitieux, espère qu’elle lui portera bonheur. 

JOUR 5

Affamé depuis le début de son périple, Marius James doit se résigner à repartir dans la jungle. Avant de quitter le temple, il brise trois longues branches. Avec son canif, il les taille en pointe puis les aiguise en les frottant sur une pierre plate pour en faire des lances. Alors qu’il se frayait un chemin dans le sous-bois épais, un bruit l’interrompt. Là, sur sa gauche, un grognement, les feuilles des arbustes alentours remuent… Un grognement à nouveau ! Un pécari file à travers la végétation. Marius James a tout juste le temps d’armer son bras et envoie sans trop y croire une de ses lances dans la direction prise par le petit sanglier. 

Le soir venu, après avoir arpenté inlassablement la forêt avec son gibier calé sur ses larges épaules, Marius James décide de prendre une pause bien méritée. Appuyé contre le tronc d’un arbre immense, l’aventurier ne se doute pas qu’il vient de commettre une énorme erreur. Son périple vient de le conduire sur le territoire d’une  panthère noire. Il l’ignore, mais le fauve l’a déjà repéré et l’a pris en chasse depuis un bon moment déjà. Tapi à une dizaine de mètres, il attend le moment opportun pour attaquer. L’instinct ordonne à Marius James de se retourner. La panthère, majestueuse, se dresse face à lui, crocs à découvert et babines retroussées. Il se trouve nez à nez avec la protectrice de cette forêt bien hostile. Gêné par le pecari qu’il transporte, il parvient à jeter sa dernière lance, mais il rate sa cible. Marius James, alourdi par son précieux repas, tente tant bien que mal de courir, mais peine perdue, le félin est trop agile et se déplace trop rapidement au milieu de dédale touffu. Comprenant qu’il n’échappera pas à son poursuivant, le colosse australien se retourne et pousse de toutes ses forces un hurlement qui résonne dans toute la jungle. La bête, surprise et effrayée, stoppe net sa course et disparaît dans un buisson.     

Épuisé par la marche et par la grosse frayeur qu’il vient de se faire, il trouve quand même la force d’allumer un feu pour faire rôtir le pecari et cuire les racines de taro qu’il avait ramassées en chemin. Les quelques baies qu’il avait cueillies feront un excellent dessert. 

Fourbu mais le ventre plein, Marius James s’endort sur le hamac qu’il a réussi à se fabriquer avec sa veste et des lianes tressées. Mais dans la nuit, quelque chose le réveille. D’abord, une sensation étrange puis, petit à petit, la démangeaison se transforme en douleur intense. Marius James, en regardant au bout de son lit de fortune, comprend ce qui vient de lui arriver : une tarantule velue se carapate dans la nuit noire…  

JOUR 6

Le feu se répand dans sa jambe anesthésiée, Marius se lève péniblement pour aller récupérer sa gourde mais, à chaque pas, son état s’aggrave et la douleur s’intensifie. Elle est telle qu’il finit par s’évanouir à quelques mètres seulement de la branche à laquelle il avait attaché sa bouteille d’eau…

Le pilote rouvre les paupières. Les yeux mi-clos, il devine un papier peint vert d’eau. Cette couleur, bizarrement, le réconforte immédiatement. Elle lui est familière. Sur le mur qui lui fait face, Marius aperçoit une photo en noir et blanc qu’il connait bien. Il en a une copie toujours épinglée dans le cockpit de son avion. Celle qu’il regarde est plus grande. Elle est enchâssée dans un cadre en bois. On le voit trônant fièrement entouré de sa famille, sa fille devant lui, sa femme derrière, et ses parents sur les côtés, tous sont tirés à quatre épingles. Cette photo avait été prise lors de la communion de Sofia à Los Santos il y a cinq ans. Tandis qu’il ausculte la photo, il est interrompu par une voix, venant de loin, qui lui crie : “ Réveille-toi papa, tu as assez dormi, il est temps de prendre le petit-déjeuner ! Allez papa ! Fini la grasse mât’ !” Les yeux de Marius James se posent alors sur son bureau, celui sur lequel il a travaillé tant de fois ses plans de vol et ses missions. Il tourne un peu la tête et son regard descend sur un petit objet. Non, ce n’est pas possible ?! Comment est-ce qu’elle a pu arriver jusqu’ici ?! Marius James ne comprend pas ce que l’amulette qu’il a trouvée dans le temple inca fait sur le bureau de sa chambre à Sydney !!! 

 

JOUR 7

Il se réveille en sursaut épuisé ! 

-“Où suis-je ? Combien de temps j’ai dormi ? Comment suis-je arrivé là ? Qui m’a transporté jusqu’ici”, se demande Marius James, en nage.

Le yeux rivés sur le plafond, il aperçoit de la paille. A côté de son lit, se trouve un berceau, un feu crépite au centre de la hutte. Encore vaseux, il discerne des voix, des bruits, visiblement, il y a de la vie à l’extérieur. L’Australien se sent faible et boîte encore un peu lorsqu’il se dirige vers la sortie. Une fois à l’air libre, une grande bouffée d’air frais le ravive. Et il découvre qu’il se trouve dans un village d’indigènes. Alors qu’il déambule entre les huttes en paille et les peaux tendues, tout le monde le dévisage comme s‘il venait d’une autre planète. Un étrange bonhomme se dresse devant lui. Dans sa bouche, un énorme plateau rouge et bleu déforme sa lèvre inférieure. Il a les cheveux longs, deux tresses et est vêtu d’une longue robe noire. Sur sa tête est fixée une couronne de plumes jaunes. Ses avants-bras sont couverts de tatouages tout comme ses mollets que l’on devine sous son bermuda de la paille. 

-“Ici, c’est Waïapi !” lui lance l’indien en frappant son torse avec son poing. Toi avoir dormi deux jours pleins depuis que chasseur à nous a trouvé toi.”

Marius le regarde, se concentre pour comprendre ce qui lui dit l’indien, mais il n’arrive pas à décrocher son regard de cet immense plateau en bois qui remue à chaque fois que son interlocuteur à plumes prononce un mot. 

-“Comment m’avez-vous soigné ?”, se risque Marius.

-“Avec plante qui s’appelle lancéolé. Elle a pouvoirs magiques”, sourit le chef indien.   

JOUR 8

Quand tout a été expliqué à Marius, un autre membre de la tribu lui fait comprendre, avec des signes, qu’il lui propose de partir en pirogue avec lui. S’il parvient à descendre le fleuve encore un peu, l’aviateur imagine qu’il pourra alors rejoindre un plus grand village, et que là, il pourra peut-être trouver une radio et ainsi communiquer avec sa famille. Ni une, ni deux, sans réfléchir, Marius accepte de partir.

Le Waïapi le prévient : “Toi, bien dormir cette nuit, demain, départ à l’aube, voyage, danger ”

Marius, qui était habillé comme un Waïapi, rentre dans sa petite tente, regroupe ses affaires et en pliant son pantalon sent que son amulette porte-bonheur est toujours là, dans sa poche. Il ressent comme un pincement au coeur quand il repense à Cookie, son partenaire d’infortune et dit tout haut : “J’espère qu’il ne lui est revient arrivé.” 

Après une nuit mouvementée au cours de laquelle le colosse n’a pas beaucoup dormi sur ce lit en bois trop petit pour sa grande carcasse, le voilà prêt à embarquer sur la courte et étroite pirogue qu’il va partager avec son nouvel ami et le chef de la tribu. La barque file sur une rivière plate comme le dessus de la main. Marius James, installé à la pointe de l’embarcation, laisse sa main traîner dans l’eau. Tout à coup, l’indien qui tient le gouvernail lui crie dessus de toutes ses forces. Marius James se retourne, l’interroge du regard mais ne comprend  pas ce que lui veut l’énergumène tout rouge qui gesticule à l’autre bout du bateau. Ce n’est qu’en se remettant dans le sens de la glisse qu’il voit, là où sa main trempait une seconde plus tôt, un banc de petits poissons aux dents acérés trépigner dans l’eau. On aurait dit qu’une pastille d’aspirine effervescente avait été lancée dans l’eau. Marius James, bien content de ne pas avoir laissé un doigt aux piranhas, comprend qu’il ne se trouve pas sur un long fleuve tranquille et qu’il lui faudra être attentif à tout ce qui nage ou qui vole, et extrêmement prudent s’il veut arriver à bon port. Accroupi dans la pirogue, il passe le reste du voyage aux aguets, les yeux grands ouverts, en échangeant quelques mots avec ses coéquipiers uniquement pour se partager le poisson séché qu’ils avaient emporté. 

Son regard perçant de pilote d’avion lui permet, après douze heures de descente de voir là-bas au loin, entre les feuilles touffues, ce qui ressemble à un toit de maison, puis un autre et enfin, il distingue un embarcadère fatigué. L’objectif est là, à quelques centaines de mètres… mais avant de l’atteindre, un obstacle coupe la rivière. Un tronc d’arbre ? Non ! Ce sont deux énormes crocodiles alanguis qui se laissent flotter. Marius ne voit que les écailles du bout de leurs queues et leurs petits yeux. Ils sont fermés… jusqu’à ce que les vibrations causées dans l’eau par la pirogue les tirent de leur sommeil. D’un coup, avec leurs puissantes pattes arrières, ils se retournent et foncent à pleine vitesse sur le petit bateau. Le conducteur a stoppé le moteur, il est tétanisé par la peur et semble ne plus entendre le chef de la tribu lui crier dessus. Les deux reptiles géants avancent tellement vite qu’ils ne sont plus qu’à dix longueurs de la pirogue et de leur déjeuner… Ils ont déjà ouvert la gueule quand un vacarme invraisemblable détourne leur attention. Ce sont les pêcheurs du village qui se sont tous mis à l’eau et tapent dans des casseroles en poussant des cris. Effrayés, les crocodiles plongent et disparaissent dans les eaux boueuses de la rivière, filant se cacher dans un marigot pas loin du village.            

La pirogue, bien secouée, finit par s’amarrer au bout du quai tremblant. Tout le village s’est réuni pour accueillir cet équipage inattendu. Marius James ne peut pas s’empêcher de sourire quand il voit, parmi cette foule, à des centaines de kilomètres de la première grande ville civilisée, un des Indiens vêtu du traditionnel pagne en paille et… d’un tee-shirt de la Juventus floqué au nom de Cristiano Ronaldo, le joueur préférée de sa fille. L’Australien, en dépit de toutes les aventures qu’il a traversées pour arriver jusqu’ici, des liens qu’il a créés avec cette tribu qui lui a appris à quel point la nature pouvait être généreuse, n’a plus qu’un souhait : retrouver ses proches. Le chef des Waiapis est en train de discuter avec un autre homme. Respectueusement, ils se sont donnés une accolade qui fait dire à Marius James qu’il doit s’agir du chef du village où ils viennent de trouver refuge. Les deux hommes se tournent régulièrement vers lui, l’étranger, et à tour de rôle, le désignent de la main. Il n’y a pas de doute, c’est bien de son cas dont ils discutent. D’un coup, ils disparaissent en direction de la seule maison en briques du village. Sur le toit, une antenne immense se dresse vers le ciel et rivalise avec les arbres des environs. Les deux hommes sont allés prévenir les secours. Sa famille va enfin savoir qu’il est en vie ! En courant, Marius James se précipite dans la maison. Là, il tombe sur les deux Indiens à quatre pattes sous une table. Au-dessus d’eux, une radio. Du haut-parleur, un bruit blanc… Elle est hors-service. Le chef Waiapi enrage et répète ce qui semble être des insultes, pendant que son acolyte tripote les branchements. Rien n’y fait, aucun son ne sort de l’enceinte.
Marius James, qui s’y connait en électronique, décide de prendre les choses en main. En s’approchant de la table sur laquelle est posée le dispositif, il remarque tout de suite qu’un des boutons n’a pas été enfoncé. Il appuie dessus et là, le haut-parleur crache un son : “Poste de secours de Quaibas, vous m’entendez ? poste de secours de Quaibas, vous m’entendez ?”, répète la voix. “Je vous reçois cinq sur cinq”, répond Marius James après s’être saisi de la radio. 

-“Êtes-vous le pilote de l’Ecoflyer qui s’est abîmé il y a cinq jours dans une clairière au sud du pays ?”  

-“Oui, c’est bien moi”, répond le pilote, sentant les larmes lui monter aux yeux. 

-“Nous avons entendu votre appel au secours, mais nous n’avons pas eu le temps de vous répondre. Nous avons retrouvé la carcasse de votre avion. Nous sommes arrivés sur place dès le lendemain mais vous aviez déjà disparu, vous étiez introuvable.”

-“Pas étonnant, je suis parti en longeant la rivière dans l’heure qui a suivi mon crash… mais je n’ai jamais trouvé de chemin pour sortir de cette jungle. Je dois ma vie à un Indien de la tribu des Waiapi.”

-“Nous avons déjà envoyé une équipe pour venir à votre secours, ils seront dans le village où vous vous trouvez pas plus tard que ce soir”. 

Marius James fond en larmes, il est soulagé mais il va encore devoir attendre alors qu’il n’a qu’une hâte, revoir ses proches restés à des dizaines de milliers de km de là. 

-“Votre femme et votre fille sont venues en début de semaine d’Australie pour participer aux recherches, elles sont en route avec les sauveteurs”, conclut la voix à l’autre bout du combiné. 

FIN 

 

 

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