Perdu dans la foret vierge, texte de Robin

Perdus dans la forêt vierge 

Robin

Je m’appelle Robin, j’ai 8 ans et je vais vous raconter mon aventure. 

Je me suis sauvé de chez moi pour échapper au confinement, avec ma sœur, Agathe, qui a 10 ans et mon petit frère, Thomas, qui a 5 ans. 

On a emprunté un avion pour aller à Rio parce qu’il y a de belles plages. C’était moi le pilote. Le début de notre voyage se passa très bien. Mais, alors qu’on était presque à destination, un ouragan fit tourbillonner notre avion au-dessus de la forêt amazonienne. J’ai envoyé un message de détresse « SOS DEMANDE AUTORISATION D’ATTERRIR ». Mais c’était trop tard. Notre avion s’écrasa dans l’épaisse forêt. Agathe, Thomas et moi avons eu le temps de sauter en parachute. Nous avons atterri dans une clairière bordée d’arbres qui semblaient toucher le ciel. 

Ouf, nous étions sauvés mais nous avions peur car on était seul dans cette immensité. Thomas a pleuré, Agathe aussi. Moi, j’ai essayé de les rassurer mais en fait j’étais aussi affolé qu’eux. Nous regrettions d’être partis. On aurait dû rester à la maison avec nos parents !

Comment pourrions-nous être sauvés si nous restions dans ce lieu hostile et isolé ?

On a marché à peu près trois heures, on ne sait pas combien de kilomètres. Puis, nous avons commencé à avoir faim et soif. On s’est alors arrêté. J’ai eu l’idée de faire un inventaire des choses qu’on avait dans notre sac : un téléphone, des bouteilles d’eau, une boussole, des paquets de gâteaux, une carte, des pulls, un couteau, des allumettes, un jeu de cartes, une lampe torche, des sacs de couchage. On n’allait pas tenir très longtemps. Il ne fallait pas gaspiller nos gâteaux. Nous avons repris notre marche pour essayer de trouver un village. Sur le chemin, nous avons rencontré un tamarin. C’est un petit singe de la forêt du Brésil. Il était très gentil. On a décidé de l’adopter.

 

 Tout à coup, il s’est mis à courir le long de la rivière. 

 

Nous l’avons suivi en courant. Au bout d’un moment nous avions très chaud. On transpirait. Nos vêtements étaient tout mouillés. Le singe a plongé dans la rivière. Nous l’avons imité. L’eau était fraiche. C’était agréable. Nous sommes sortis. On s’est séché. Le petit singe nous a apporté des fruits exotiques.

 

 Ils étaient de toutes les couleurs : orange, verts, rouges, roses, jaunes, marron… C’était extraordinaire. Il y en avait qui piquaient. Il y en avait qui étaient poilus et qui grattaient. Il y en avait des tout doux et d’autres tout lisses. Certains étaient lourds, d’autres étaient légers. Les goûts étaient différents des fruits que je connaissais. C’était comme de la framboise, mélangée avec de la mangue, du citron. Un autre avait un goût de banane acide. Ça sentait très bon. Je découvrais aussi ces odeurs. 

Puis soudain, on a entendu un puissant et long hurlement. Ça ressemblait à un loup ou un ours, ou une vache ou un cheval…La peur nous saisit et les larmes coulèrent sur nos visages. Le petit singe nous cacha dans le tronc d’un gros arbre. Nous avons dormi. Ça nous a fait du bien. Le lendemain matin, très tôt, notre petit ami nous a réveillés. Il nous avait encore apporté des fruits pour notre petit déjeuner. Nous avons quitté le tronc d’arbre et nous avons marché plusieurs heures. C’était difficile de marcher car la végétation était touffue. Il a fallu prendre le couteau et couper les feuilles et les branches pour avancer. C’était long. C’était fatiguant. Au bout de trois heures, toujours pas de village. 

Mais, alors que le découragement nous gagnait, nous avons découvert un temple Maya. 

 

Il était en forme de pyramide. C’étaient de grosses pierres recouvertes d’une mousse verte et glissante. Agathe, ma grande sœur, nous a raconté l’histoire du peuple Maya. Ils ont vécu entre le 4ème siècle et le 17ème siècle après Jésus-Christ. Ils ont construit des temples pour leurs Dieux. Leurs Dieux étaient le Soleil, la pluie et le Maïs. 

Nous avons escaladé le temple pour voir au loin s’il y a un village. En montant, nous avons vu des choses effrayantes : des crânes partout, des os, des squelettes. Mon petit frère a encore pleuré. Toujours pas de village en vue. Quelle déception !

Nous sommes redescendus totalement découragés. Avec notre petit singe, nous sommes retournés boire à la rivière. Tout en buvant, on a aperçu des poissons qui scintillaient. On les a pêchés. Avec les allumettes, on a fait un feu qui a fait peur au petit singe. Il s’est enfui. On a couru pour le rattraper.  

Comme nous étions fatigués, nous avons installés nos sacs de couchage. On s’est serré les uns contre les autres. On s’est endormi. Soudain, j’ai senti quelque chose qui grimpait sur ma jambe. J’avais à peine les yeux ouverts. J’ai cru que c’était le petit singe qui me faisait une blague. Je l’ai poussé et là j’ai senti comme une grosse morsure à la jambe. J’ai ouvert les yeux et j’ai hurlé : une mygale m’avait mordu. 

 

Alertés par mes cris, ma sœur et mon petit frère ont bondi, affolés. J’ai cru que j’allais mourir. Je leur ai dit adieu. J’ai pleuré. Ma sœur Agathe m’a rassuré. Elle avait appris en sciences que la piqûre de certaines mygales n’était mortelle qu’au bout de quelques heures.  On a donc fait un garrot autour de la jambe avec ma chaussette pour éviter que le venin ne se propage jusqu’au cœur mais c’est trop tard. 

La fièvre montait. J’avais chaud, mal au cœur. Je finis par m’évanouir. Je fis alors un affreux cauchemar. J’étais dans la cour de l’école avec mes copains. Tout était flou. On jouait au foot et tout à coup, tout le monde disparaissait. Je étais seul. Je criais, j’appelais mais il n’y avait personne. Soudain, à la place de mes copains, je vis des mygales poilues, énormes, elles avançaient vers moi. Je criais. J’hurlais. Je courais Elles me rattrapaient. Elles me sautaient dessus et me faisaient tomber. Elles se mettaient à crier Robin, Robin, Robin, … Puis j’entendis au loin la voix de ma sœur qui me disait : Robin, Robin, réveille-toi. Nous sommes sauvés. Je me réveille très doucement. J’ai très mal à la tête. J’ouvre péniblement les yeux et je vois une tribu d’indiens face à moi. 

 

Ils sont habillés avec des feuilles autour de leur taille. Ils ont des peintures sur le visage. Ils ont des plumes dans les cheveux. Qui sont-ils ? Est- ce des indiens Waiapi, qui vivent dans la réserve de Renca au Brésil? Ou des Awà qui vivent au Brésil, en tous petits groupes dans la forêt de Maranhao et qui n’ont pas de contact avec l’extérieur? Ou des Yuhup, ces chasseurs qui vivent en Colombie? Des Waorani qui vivent en Equateur ou encore des Yanomani venus du Vénézuela? Je ne sais pas. Ma sœur non plus mais tout ce que je sais c’est que je suis content de voir des hommes et des femmes. 

J’en vois un préparer une sorte de soupe avec des grandes feuilles vertes, mélangées à de l’eau et une bête qui ressemblait à une sauterelle. Ça l’air dégoutant. L’un d’eux s’est approché et m’a mis la sorte de soupe devant ma bouche en disant quelque chose comme « kanupo, kanupo, kanupo binana ». Je ne comprenais rien. Mon petit frère Thomas m’a dit « à mon avis, il veut que tu boives ». Je me suis bouché le nez. J’ai fermé les yeux. Et j’ai bu. C’était un peu amer, croquant et pas très bon mais tout de suite je me suis senti mieux. 

Quand je me suis relevé, le petit singe a grimpé sur mon épaule, on a pris nos sacs et on a suivi les indiens vers la rivière. Au bord de cette rivière, il y a avait plusieurs pirogues. 

 

Avec mon frère, ma sœur, le petit singe et deux indiens, on est monté dans une pirogue. On ne savait pas où on allait mais on leur a fait confiance. Le voyage était très très long, très fatigant, en plein soleil. Il faisait très chaud. Pour se rafraichir, on a mis nos mains dans l’eau. L’indien a crié. Il a fait un geste pour dire de remettre les mains à l’intérieur. Avec sa rame, il nous a montré plein de crocodiles qui nageaient dans la rivière. Depuis, avec ma sœur et mon frère nous sommes restés très sages, les mains à l’intérieur de la barque. Le voyage dure encore plusieurs heures. Au bout d’un moment nous avons aperçu un grand village avec des maisons, des voitures et un port. Nous sommes descendus de la pirogue et quelle surprise : papa et maman étaient là. 

Après notre départ, ils étaient inquiets. Ils ont appelé la police qui nous a retrouvé grâce au GPS de notre téléphone. Papa et maman ont vite pris un avion. Mais ils ne savaient pas où on était. Quand les indiens nous ont vu, ils ont appelé la police locale et mes parents ont été prévenus. Je n’ai jamais été aussi content de les voir. On s’est fait le plus gros câlin du monde. On a tellement pleuré de joie. Mais il fallait se dépêcher car l’hélicoptère nous attendait pour me transporter à l’hôpital. On a remercié les Indiens et on est monté dans l’hélicoptère. Le petit singe, qui était sur mes épaules depuis le début, n’a pas pu monter avec nous. J’ai demandé à mes parents si on pouvait l’amener avec nous à Paris. Mais ils ont répondu que c’était impossible. J’ai recommencé à pleurer. Je l’ai pris dans mes bras, je l’ai remercié, je lui ai dit que je ne l’oublierai jamais. Je l’ai pris en photo et je l’ai laissé partir. J’avais le cœur gros mais en le voyant s’éloigner j’ai vu mon petit singe commencer à jouer avec un enfant indien, de 4 ou 5 ans. Ça m’a rendu heureux de savoir qu’il n’était pas seul et qu’il avait trouvé un nouvel ami. Dans l’hélicoptère, je me suis endormi sur les genoux de maman, très profondément. Quand j’ai ouvert les yeux, j’étais à Paris, dans ma chambre. Tout était calme. Ai-je rêvé ? 

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