Perdu dans la forêt vierge, texte de Carla

 Perdu dans la forêt vierge

Par Carla.                                                   

Fiche d’identité

Prénom : Samuel Age : 20 ans Nationalité : Belge Couleur de peau : mate 

Description : grand, mince 

Chevelure :Lisse avec une grosse mèche qu’il n’arrive pas à plaquer( même avec beaucoup de gel !)

Caractère : intrépide, coléreux, a une passion pour l’ aviation 

Peur : Il a peur que des noix de coco tombent du ciel, des mauvaises notes, des araignées 

Faiblesses : II ne sent pas le danger approcher, nul au lycée 

Amis et Famille : Justine (son amie), son père (Alain ) et une mère dont il ne sait presque rien 

 Perdu dans la forêt vierge                                    

 SOS demande autorisation atterrir 

Je me relève en titubant. Affolé, je regarde autour de moi. Jetant un coup d’œil a mon avion, je remarque qu’il est tout cabossé et le moteur crachote. En plus, mon téléphone est cassé. De la sueur perle sur mon front. Il fait chaud ici! Autour de moi s’étendent des forêts et de la verdure à perte de vue. Un petit ruisseau coule à côté de moi. J’y trempe mon visage. Elle est glacée. J’examine l’ampleur des dégâts. L’ aileron est cassé et les commandes ne répondent plus. Je m’assois par terre, j’essaye de me répéter « ça va aller, ça va aller … ». Mais ça ne marche pas. De toutes façons, c’est faux. En plus, je ne sais même pas si le SOS que j’ ai envoyé a été reçu. Dans ma tête, tout se bouscule. Je pense à mon père, à son dernier regard pour me décourager de ce périple insensé. J’aurais dû l’écouter. Justine, ma meilleure amie, me manque, elle et tous les efforts qu’elle faisait pour me remonter le moral en cours quand le professeur me critiquait. Même mes cahiers me manquent ( je n’ aurais jamais cru dire ça ). Et ma  mère.Ma mère … Je ne l’ ai jamais connue. Oh, bien sûr, j’ai maintes fois essayé de demander « pourquoi » à mon père :

-Ta mère était naïve , Sam’. Elle est partie quand tu avais 3 ans et je ne l’ ai plus jamais revue .

(Il disait toujours cela d’ un air détaché , mais je voyais bien qu’ en lui, cela avait laissé une profonde cicatrice.)

Ce à quoi je répondais :

– Mais elle ne se soucie pas de moi ? Enfin … De savoir comment je vais ?

-Elle a sûrement oublié que tu existes.

Cette dernière phrase me fait toujours l’effet d’une flèche violemment   plantée dans le cœur. Et puis, je déteste qu’on m’appelle Sam’. J’ai arrêté de me poser des questions sur elle. Quel genre de femme quitte son mari et son enfant de 3 ans pour partir avec un autre homme ?  Et oublier qu’elle a un fils qui a maintenant 20 ans ? Non … Je veux  vraiment l’ oublier .Pourtant , je n’ y parvenais pas .A chaque fois que je vois une maman serrer son fils contre elle, j’ ai mal. Je pense que c’ est parce- que je manque d’ affection maternelle. Non, non et non .Je ne peux pas abandonner toutes ces personnes qui me sont chères. Je vais m’en sortir. Papa n’ a plus que moi , je suis le meilleur ami de Justine .Et pour ma mère , autant l’ effacer complètement de ma  cervelle (-de moineau , aurait ajouté mon  professeur de français ) .Vous devez trouver ça bizarre, qu’à 20 ans, j’ai toujours un professeur de français. Et bien, à 20 ans, j’en suis encore au bac! J’ai redoublé deux fois. La poisse ! Enfin, j’ aurais peut-être mieux fait d’ apprendre mes leçons au lieu de regarder le film : « L’appel de la forêt ». Mais quand même, ce n’est pas tous les jours qu’un film avec Omar Si et Harrison Ford sort a la télé! Malheureusement, mes notes n’ étaient pas de cet avis. Je me relève précipitamment et m’engouffre dans l’avion. Je ne peux pas rester là à rien faire. Il faut que je passe à l’action. J’attrape mon sac à dos ( offert par Justine pour mon anniversaire de 18 ans )qui ne me quitte jamais et dresse une liste de choses à emporter :

-couteau suisse( 6 lames +un tir bouchon +des ciseaux +une lime +un cutter )

-lampe de  poche 

-ouvre boîtes ( qui peut toujours servir, même sans boîtes à ouvrir )

-boussole 

-mon collier avec ma croix taillée en bois de lichen ( cadeau pour mes 10 ans de la part de mon père )

-mon carnet 

-mon crayon 

-2 paquets de Granolas 

-mon porte clé « Minion » tout jaune avec de grosses lunettes 

– une gourde d’ eau bien remplie 

Tous ces objets rassemblés, je décide de suivre la rivière. Je pénètre dans une immense forêt touffue. Quand j’avance (prudemment), j’ ai l’ impression que toute le forêt me regarde. Je crois distinguer à chaque pas des yeux qui m’observent fixement. J’ai faim! Soudain, une chose dure qui me semble être une pierre me tombe violemment sur la tête. Je me retourne vivement et baisse les yeux. Une noix de coco! J’eu la pire peur de ma vie. Je dois vous avouer que j’ai toujours eu peur que des noix de coco tombent du ciel .C’est totalement surréaliste, je sais. Quand j’étais petit j’en faisais des cauchemars .

Je me réveillais en criant « Attention , des noix de cocos nous envahissent  ! »Ou encore « Danger, des noix de coco tombent du ciel , prenez vos parapluies! ». Mais, bon, je suis né avec cette phobie, donc je la garderai. Mais qui pourrait me la lancer ? Serait- elle tombée du ciel ? Cette pensée me fait frémir . « mais non , elle est sûrement tombée d’un arbre, sois plutôt content d’avoir à manger ! »me dis-je . C’ est vrai. Mes maigres ressources n’ont pas tenu longtemps. Je la prends dans mes mains et la fracasse  contre un arbre. Elle se casse en mille morceaux. J’en prends un dans mes mains et en engouffre une partie dans ma bouche. C’est bon et juteux. Bien que mon pire cauchemar sois qu’il en tombe du ciel , la noix de coco reste mon fruit préféré( très bizarre, vous êtes d’ accord avec moi ). Mais  celle-ci n’ est pas comme les autres ; elle a un goût plus doux, plus  savoureux , plus frais … Comme si elle donnait tout ce qu’elle a à chaque bouchée. Bon, ce n’ est pas tout,il est 13h26 et il faut que je me remette en marche. La noix de coco a rempli mon déjeuner ( je n’ai jamais eu un grand appétit). J’ai à peine recommencé ma marche qu’un bruissement de feuilles se fait dans mon dos. Je me retourne vivement et lève les yeux. Sur un cocotier se tient un petit singe qui me montre ses fesses! Regardant autour de moi, je remarque que c’est l’ endroit où une noix de coco m’est tombée dessus.C’était donc lui qui me l’avait lancée. J’hésite à le remercier. « Mais non, ce n’est qu’un singe … Il ne parle même pas ta langue ! », me dit une voix. Mais une autre riposte : « Et alors, il a quand même un cœur ! Sans lui, ton ventre gargouillerait a des kilomètres à la ronde ! ». Choisissant la deuxième  voix, je cris :

– Merci pour la noix de coco, petit singe !

-Hi hi hi, HI  hi !

J’eu l’ impression d’entendre « Pas petit singe , GRAND singe ! »Amusé , je réponds :

– D’accord … Merci beaucoup pour la noix de coco , GRAND singe !

Il me parut qu’il marmonnait  « Ces humains … ». Puis il me fit les gros yeux et disparut dans les fougères. Reprenant ma route, je remarque  un ruisseau à ma droite. Décidant de m’y baigner, je me déshabille et entre dans l’eau. Elle est tiède, contrairement à la rivière à côté de mon avion. Après quelques brasses, arrivé au milieu de ma « piscine improvisée », je m’assois sur ce qui me semble être un tronc d’arbre. Dès que je m’assois, ça se met à bouger. Un museau apparaît, puis des pattes,des oreilles, des dents aiguisées… « Un crocodile !!! « je hurle intérieurement. Sautant du crocodile ( ex-tronc) je me jette hors de l’ eau et cours m’abriter. Finalement, plus de peur que de mal. Le crocodile m’a abandonné, continuant sa sieste en se dorant au soleil. Me rhabillant en vitesse, je reprends ma marche. Le reste de la journée s’est passée sans embrouilles, (mis à part un perroquet qui a fait ses besoins sur moi; non mais, franchement je ressemble vraiment à une cuvette ? ) et le soir, autour d’un bon feu,je m’ allonge pour regarder les étoiles dans le ciel. Elles sont des centaines, des milliers , des milliards … Elles sont magnifiques. Elles font toutes sortes de formes. Une casserole, un crabe, un lion … Je me dis « peut-être il y en aura une de la forme de papa . Malheureusement, il n’y en a pas  (juste un cœur, ce qui , d’ailleurs,me convient très bien ). Peu après, je dormais, emmitouflé dans mon hamac. Le lendemain matin, après  un petit déjeuner composé d’un ananas trouvé par terre, je décide de partir à droite. Après trois heures de marche sous un soleil étouffant,je suis épuisé. Je pense: « J’ aurais mieux fait de rester près de mon avion en attendant qu’un autre passe et vienne me secourir ».   En regardant attentivement autour de moi, je distingue un temple qui se dresse derrière mon dos. Des escaliers montent. En les suivant, je pénètre dans une grande salle au plafond voûté. Des cadavres squelettiques  sont éparpillés ici et là. Une sorte de grande table en pierre est plantée au milieu de cet endroit .«Un temple de sacrifices »je ne peux m’empêcher de frissonner. En m’approchant de la table, j’y vois toutes sortes d’images de sacrifices. Cette fois , c’est  trop !!! Complètement effrayé, je ressors comme une bombe de cette horrible salle d’ horreur. Je reprends mes affaires et continue mon chemin. A 14h00, j’ ai très très faim. Mes maigres réserves se sont vite épuisées. A bout de forces, je grimpe à un arbre pour prendre des ananas. Peine perdue . Quand je repense aux baraques à frites où mon père et moi allions déjeuner, je donnerais tout pour y être. Changeant de tactique, je décide de pêcher. J’ entre dans l’ eau et tente de me remémorer le documentaire sur les ours que j’ ai vu en cours de sciences vie et terre ( que d’ ailleurs je n’ ai presque pas écouté car je discutais avec mon voisin : si mon professeur était là , elle prendrait un malin plaisir à me le reprocher …) Me dressant de toute ma hauteur, mais en prenant bien garde à ne pas laisser refléter mon ombre sur l’ eau. Remarquant un poisson, je saute sur lui et tente de l’ agripper : raté, mais à la deuxième tentative, j’y parviens. A la troisième, je roule sur un caillou que je n’avais pas vu et je me foule la cheville.Ouille ouille ouille !!!! Ca fait très mal !Je la panse avec des herbes. Après quelque temps, je pêche deux poissons. Une bien maigre récolte, mais c’est déjà pas mal. Les embrochant, je les fais griller au feu que j’allume en frottant deux morceaux de bois. Enlevant la peau avec mon couteau suisse, je les mange. C’est beaucoup moins bon que les frites belges, mais ça rassasie. Cette longue journée m’a épuisé. Je dresse mon hamac et m’ endors comme une pierre. Dans la nuit, je me réveille précipitamment avec une douleur cuisante à la jambe. Je me penche pour voir ce qui me fait si mal … Soudain, je me fige: là sur ma jambe, une mygale rampe tranquillement. En proie à la peur, je m’ évanouis. Me levant le matin, ma jambe me fait horriblement souffrir. La mygale m’a mordu à l’endroit où je m’étais foulé la cheville hier. Son venin s’est infiltré dans toute ma jambe. Après quelque pas je m’ écroule. Tout mon corps est en proie au venin. Ma jambe est gonflée et brulante. Autour de moi, du vert, du vert … Tout devient flou.Je perds conscience.Je me réveille .Devant moi, Justine est là :

-Ju…Justine?

Je me précipite pour la serrer dans mes bras. Mais elle me repousse:

-Tu es parti trop longtemps , Samuel. Je t’ai oublié. Tu n’ es plus mon meilleur ami . 

Non.Non, ce n’ est pas possible. Non. Pas Justine. Non. NON !!!

Je me réveille( cette fois,vraiment ). Epuisé, mais sain d’esprit.Je suis allongé sur un nid de feuilles. Ma fièvre est tombée. Une voie chuchote à côté de moi :

-Je crois qu’il est réveillé .

– Où suis-je ? Comment ai-je fait pour me retrouver là? je demande.

– Nous chassions quand nous t’avons trouvé étendu par terre, en proie à des hallucinations. Après t’avoir transporté dans notre village, notre chamane t’a administré des herbes médicinales, puis nous t’avons couché dans ce lit et tu t’es réveillé. Si nous ne t’avions pas ramené , tu serais mort à l’heure qu’il est.

Cette dernière phrase me fait frémir.

– M…M…Merci. De quelle tribu êtes-vous ?

-Des Yanomami, me répond l’homme, avec une pointe de fierté dans la voix 

– Tu es perdu ? me demande la femme assise juste à côté de lui avec un sourire bienveillant

-C’est une longue histoire…

Mon périple raconté, ils me proposent de m’emmener en pirogue dans un village plus  gros d’où je pourrais communiquer avec l’ extérieur. Tout excité à  l’idée de revoir ceux que j’aime, je réponds:

– Bien-sûr !

– Le trajet durera une journée, m’ explique l’ homme.

Nous embarquons. La pirogue m’a l’air pas très en forme. Je demande :

– Vous êtes sur que nous pouvons monter à trois sur cette pirogue ?Sans vouloir vous offenser , bien-sûr , mais j’ ai l’ impression qu’ elle est un peu cabossée et …

– Malheureusement, nous n’avons plus que celle là, me coupe le vieil homme au bout de la pirogue. Une tempête s’est déchaînée sur notre belle forêt il y a maintenant un mois. Nous avions accosté toutes nos pirogues au bord du fleuve. Quand la tempête a commencé, tous les hommes sont sortis, mais trop tard. Toutes les pirogues étaient brisées contre les rochers. Seule celle-ci est restée. Pourquoi ?La réponse est simple:La veille au soir avant la tempête, j’ étais le seul à avoir remarqué que le ciel s’ était assombri, ce qui signifie une grosse tempête. Je suis donc allé ranger ma pirogue. J’ étais allé prévenir les autres de faire de même, mais ils m’ ont ri au nez. Puis, tout d’ un coup , la tempête s’est déchaînée. Dès qu’elle s’est arrêtée, tout le monde à accouru à sa pirogue : elles était toutes cassées, ou emportées par le courant du fleuve. Cette pirogue est donc la dernière qui nous reste, et en même temps la mienne. Nous sommes en train d’ en reconstruire, mais cela prend du temps…

Et bien, sacrée histoire . «Pas de chance », pense -je … Pour moi et pour eux d’ailleurs ( pour eux car ils n’ont plus de  pirogues, et pour moi car nous aurions pu partir à plusieurs vers ce village, et il nous aurait été donc plus facile de le repérer) . Après deux heures de pirogue, nous nous arrêtons pour pêcher et cueillir des fruits. Pendant que je les observe chercher de la nourriture, je vois très bien qu’ils ont grandi en contact avec la nature. Ils grimpent aux arbres comme des singes et repèrent les endroits où se trouvent les fruits en quelques secondes ! Après s’ être rassasiés, nous reprenons notre chemin. Il fait très chaud. L’ eau est fraîche. J’ y trempe ma main pour me rafraîchir. Soudain, le vieil homme qui m’avait raconté l’ histoire me saute dessus et me retire vivement la main de l’ eau. Je me débats.

– Mais qu’est-ce qu‘il vous prend? Je me rafraîchissais et ne faisais de mal à personne . 

-Au contraire, me répond-il, tu vois ce caÏman, là-bas? Il y a quelques secondes, il était tout près de ta main, prêt à la croquer! Horrifié, je m’excuse et le remercie. Six heures après cet incident, nous arrivons au grand village. Je suis ébahi. C’est la réplique parfaite du village qui m’a recueilli, sauf qu’il est plus grand. Beaucoup plus GRAND. Les gens nous accueillent tout sourire.

Les autorités ont étés prévenues que je suis sain et sauf. Les secours ont pris ma piste et sont sur la route pour venir me chercher. Les indiens m’invitent à un dernier repas. Après avoir mangé, une longue danse s’organise autour du feu. La danse finie, je m’ assois à l’écart, sous les étoiles, pour réfléchir à tout ce qui m’ arrive. En trois jours, j’ ai appris à pêcher, à cueillir, à me débrouiller seul dans la nature, j’ ai frôlé la mort … Il m’est arrivé tellement de choses… Papa est parti avec les secours pour me chercher. Justine a insisté pour venir, elle aussi .Ca me fait chaud au cœur qu’elle ne m’ ait pas oublié.Et qui sait, peut- être ma mère sera là…

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