Le drame des paquebots

Dans son live, Cent ans de pêche à Terre-Neuve, Léopold Soublin évoque  l’abordage du Sully, ancré sur les bancs de Terre-Neuve, le 17 mai 1894. Un exemple de ce qui arrivait souvent depuis que les grands paquebots traversaient l’Atlantique et qui m’a inspiré l’accident de Perdu en mer. Il cite un article, extrait, je pense, d’un journal de Fécamp. Le voici:

« Les hommes de quart apercevant les feux du steamer se dirigeant vers eux sonnèrent immédiatement de la trompe et prévinrent le capitaine qui fit monter aussitôt tout l’équipage sur le pont. Le steamer en effet venait à toute vitesse et n’était plus qu’à une faible distance du Sully, ce qui ne permettait plus d’éviter l’abordage. Il fut visible toutefois qu’il essaya de virer de bord mais il était trop tard et, arrivant comme une masse sur le Sully, il l’atteignit par la hanche arrière, occasionnant une large voie d’eau que rien n’eût pu arrêter.

Le choc n’avait pas ralenti la marche de l’abordeur qui donna trois coups de sifflet et son ombre disparut. Le capitaine, reconnaissant que son navire était perdu, fit mettre tous les doris à la mer, et embarquer ses hommes. Il n’avait plus à compter sur le secours de ceux qui étaient la cause de sa perte. C’était aux faibles moyens dont il disposait qu’il devait recourir, mais la mer était très grosse et le vent violent de sorte qu’un sauvetage dans ces conditions présentait les plus graves dangers. Le brave capitaine Cordier et le subrécargue Lemarchand ne perdirent pas leur sang-froid. En effet, le Bayard avait été vu la veille ancré lui aussi à quatre milles environ. La petite flotille se dirigea dans la direction indiquée à force de rames. Le capitaine ne quitta son navire qu’au dernier instant alors qu’il allait disparaître. Il était alors trois heures du matin, soit une heure après l’abordage.

Après une nuit terrible, harassés de fatique et trempés jusqu’aux os, sur le point d’abandonner la lutte, le premier doris arriva vers 9 heures à portée du Bayard. Ce navire, mis au courant, envoya une partie de son équipage au secours des malheureux naufragés et vers 10 heures tous étaient recueillis. Le Bayard les conduisit à Saint-Pierre, d’où ils revinrent en france sur deux navires… « 

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